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mercredi 1 juillet 2009

La Terre de mes Lettres



Aujourd’hui je retourne sur mon terrain de prédilection où la terre est rude et l’angoisse de se retrouver ébloui par la blancheur est omniprésente. Les recoins sont abruptes et donnent une vue imprenable sur le vide. Je prends mes distances avec une marge de sécurité afin d’éviter tout débordement. J’appréhende chacune de mes visites, sur ces parcelles accolées où la récolte est toujours incertaine malgré mes sacrifices. Ne pas perdre pied c’est mon obstination de tous les instants, face à la difficulté de l’exercice.

Les anciens m’ont averti que bien de mes prédécesseurs se sont tués à la tâche. Mes amis mon mis en garde sur l’exigence d’un tel défis dont seul les braves et les téméraires en reviennent. Je suis face à mon destin, semer pour exister, semer pour vivre, mais surtout, semer l’amour qui est en moi. Je sélectionne mes mots tel le paysan avec ses graines afin d’avoir une moisson à la hauteur de son effort. Je mesure le poids de mes mots pour ne pas tomber dans la légèreté et être emporter par le vent. Préserver le cœur de mon prochain c’est mon devoir. Eparpiller les graines de la fécondité des lettres pour rendre mes idées plus nourricière c’est mon souci.

Je travaille mes lettres afin d’offrir le meilleur de moi-même pour partager la vie d’un dur labeur. Mon pas est cadencé par le rythme de mes inspirations, qui mêlent mon angoisse de la faute et mon assurance du devoir. Observe l’homme labourer sa terre, admire le geste du semencier, regarde les graines de la vie et de la discorde des opinions retomber dans ces lignes fendues par la main de l’homme, voilà une chorégraphie qui mérite l’admiration et la modestie. Vivre sa vie dans cette terre hostile pour en faire un présent de lettre afin de l’offrir à son prochain, sans remord et sans regret, c’est la quintessence de l’homme. Inscrire de son empreinte la scène de la vie, tel est l’enjeu pour ceux qui aiment le partage de l’histoire la vie.

Penser, réfléchir, se remettre en question, douter pour mieux se convaincre et convaincre, tel est la discipline du baroudeur dans cette espace d’expression de l’esprit et du cœur. Se confronter à la rudesse de la terre pour savourer les fruits de son labeur, quoi de plus noble pour l’homme de lettre. Vivre dans l’incertitude de la récompense c’est le point commun entre le paysan et l’écrivain. Le premier entretien le présent alors que le second marquera le futur dans un passé proche, la singularité de l’un déteint sur l’originalité de l’autre.

Travailler pour l’amour d’Allah, écrire par passion, voilà une raison de croire dans la grandeur du destin de l’homme. Douter de ses convictions propres, accorder le bénéfice du doute à la verve de l’autre, c’est grandir dans notre humanisme. Lorsque la brume envahit les esprits, le regard de l’autre se transforme en des mots acérer qui me rappel la fragilité de la tolérance lorsque je sors des sentiers-battus de cette société des apparences. Gagner la terre pour la dompter n’est que folie pour celui qui croît en la puissance de l’Homme. Faire sienne la récompense de son travail n’est qu’inconscience et ingratitude tellement les paramètres de la réussite son multiple et incertaine. Je puise dans cette source intarissable qu’est ma pensé pour lutter contre la sécheresse de mes inspirations à mi-chemin.

Cultiver dans la diversité des champs pour mieux connaître les hommes c’est le devoir de chacun. Goûter au fruit de la passion des amoureux de la vie et de l’espérance, c’est le droit de tous. Penser sa liberté c’est la vivre dans l’instant présent, se battre pour sa liberté c’est rendre hommage à la vie. Lutter contre l’ingratitude et l’orgueil est le devoir du croyant face à son créateur. Vivre dans l’ignorance de ce dernier c’est renoncer à l’amour de la vie et à l’espoir de l’éternité. Quelle triste fin non ?

Je me prends à rêver d’un jour où l’homme aura atteint une maturité marqué d’humanisme et de respect. Etre différent c’est participer à la composition florale des esprits et des cœurs qui font la beauté de l’Humanité et de la vie. S’ouvrir sans crainte et préjugé pour mieux embrasser la sensibilité des autres c’est honorer la dignité qu’Allah a donné aux des Hommes. Préserver et contribuer à la terre des lettres c’est transmettre le relai d’une histoire commune où la vie ne s’abreuve que d’amour pour laisser au temps le devoir d’effacer sans oublier les erreurs de l’existence. Puisse Allah accepter ces lettres que je souhaite inscrire dans ces terres qui ne sont que lieu de rencontre et de passage.

Rapprocher les cœurs des extrêmes est le devoir de tout humaniste engagé croyant ou non croyant. Donner la parole à son ennemi pour entendre ses revendications et ses tourments incitera respect quelque soit notre terre d’appartenance ou d’origine. Graver dans les cœurs les valeurs universelles que l’Islam nous enseigne est préférable aux stèles gravées par les Hommes pour se faire bonne conscience. Si je dois mourir pour la terre de mes convictions, que les Lettres de mon Seigneur soient lues, pour apaiser mon âme qui sera libéré de son fardeau de la vie.

R.A

mercredi 24 juin 2009

La médiocrité dans l’engagement chez les jeunes Musulmans

Il n’est pas habituel chez nous musulmans de retourner la plume pour constater l’usure de la pointe. Il est des hommes qui devraient réfléchir à deux fois avant de prendre un engagement. Nos actions sont déterminées et conditionnées, le plus souvent par nos émotions, sans que la raison ne soit consultée ou sollicitée. Nombres de Frères et de Sœurs se lancent dans des projets sans mesurer le poids des responsabilités et du travail que cela implique. Trois constats simples mais que l’on peut généraliser à l’ensemble de la population active au sein de notre communauté musulmane ; Nous manquons cruellement de personne ayant le sens de la sincérité, de la responsabilité et du sacrifice.

Très peu de frères et de sœurs sortent du lot mais sont très vite laminés par l’érosion qui est engendré par la désinvolture des personnes avec qui, ils ou elles doivent composer. L’engagement de ces « leaders » cache une réalité douloureuse que peu de gens voient ou comprennent en termes de sacrifice familial et personnel. Certes nos intentions et nos buts ne recherchent rien d’autre que l’agrément et la grâce d’Allah. Une réalité s’impose chez les musulmans dans leur engagement associatif, politique, sociale… la mollesse et la passivité sont déconcertantes dans leur attitude. Toutes les valeurs que l’Islam enseigne en terme de sincérité, d’altruisme, de responsabilité, de rigueur, de ponctualité… rien ou presque de tout cela transpire sur le terrain de l’engagement et du travail pour la communauté et la société civile.

Dépité et laminé sont sûrement les deux mots qui illustrent le mieux l’état général de ce qui se sont sacrifiés pour faire avancer les projets relatifs à la communauté musulmane et qui un moment ou un autre, ont dû tout arrêter brusquement. Travailler sur les cœurs est plus difficile que l’activité du bagnard qui doit casser et tailler les pierres dans les carrières en pleine canicule. Pour avoir été engagé dans de multiples structures associatives dans des régions et pays différents avec des musulmans, de culture et de tradition différentes, notre évolution spirituelle, intellectuelle, technologique et matérielle sont à l’image de l’hypocrisie que nous entretenons dans notre sincérité envers Allah, envers le prophète Muhammad (sav), nos proches, nos collègues et notre environnement. Plutôt que de relever les défis qui sont devant nous, nous agissons de manière pusillanime en espèrent qu’un plus courageux fasse le sacrifice à notre place. Cette fuite en avant face à nos responsabilités a engendré des situations ubuesques où chacun croit maîtriser la situation circonstancielle dans laquelle il se trouve.

La critique est certes dure et difficile à admettre, malheureusement, c’est une réalité remarquable tous les jours sur le terrain de l’engagement social et associatif. La nonchalance, de ceux qui s’engagent pour se donner bonne conscience dans les structures musulmanes, tarit l’énergie de ceux qui s’engagent avec sincérité et dévouement. Il est important que chacun se remette en question régulièrement sur les raisons et les finalités de son engagement afin de ne pas dégrader et mettre en péril les synergies existantes que des braves frères et sœurs ont mises en place aux prix de lourd sacrifice individuel et familial.

Pourquoi la notion de ponctualité est une problématique quasi atavique de génération en génération alors même que l’Islam enseigne la rigueur, qui se traduit dans tout les actes de la vie courante en commencent par la prière qui nous oblige à avoir une conscience de tout les instants de la notion temporelle. Si Allah jure par le temps à mainte reprise dans le Coran, cela devrait nous interpeller sur le caractère sacré et précieux du temps. La communauté qui ne réalise pas l’importance du temps ne peut se relever.

Il y a un proverbe arabe que nous devrions tous méditer sérieusement : « Qui s'instruit sans agir, laboure sans semer ». Les jeunes et plus jeunes musulmans engagés doivent concrétiser leurs enseignements par une mise en pratique directe sans quoi, leur savoir ne sera rien d’autre que poussière de sable emporté par le vent. Il est grand temps, que chacun de nous prenne conscience que l’on ne pourra être efficace et utile à autrui tant que nous pataugerons dans un marasme de médiocrité. Cet apathie tient plus de notre insouciance entretenue par les distractions artificielles et éphémères que de notre capacité intellectuelle de créer des synergies dynamiques.

Nous trouvons tous le temps pour la distraction futile, mais nous sommes tous occupés lorsque le devoir de nos engagements et de nos responsabilités nous appellent. L’attitude des frères engagés avec nonchalances peut se comprendre en relisant les affirmations d’Aristote lorsqu’il dit ; «La médiocrité nous comble de tous les biens; Je veux vivre au milieu de mes concitoyens». En espérant qu’un jour les musulmans se réveillent pour enfin regarder la réalité en face, il faut persévérer dans le travail pour l’agrément d’Allah et le bien de l’humanité, car la mission première du musulman c’est de vivre dans l’adoration de Celui-ci et de venir en aide à son prochain.

La république est un espace de droit et de devoir, à nous d’être conscient que les droits sont écrits par ceux qui ont le courage de leurs ambitions et de leurs engagements. Il faut savoir que notre indolence fait de nous des soumis qui n’ont d’autre choix que de se plier au devoir de résignation. Notre futur est conditionné par notre présent, à nous de faire en sorte que ce présent soit empreint de sincérité renouvelée dans une détermination sans faille.


R.A

samedi 20 juin 2009

La République, L’Islam & La burqa

La burqa n’est certes pas une obligation religieuse mais une tradition qui traduit des mœurs ancestrales que l’on retrouve essentiellement en Afghanistan et dans quelques pays du Moyen Orient. Le problème réel n’est pas la burqa mais plutôt l’échec de la république dans son devoir d’intégration et de justice pour tous. Il faut certes combattre ceux qui pourraient imposer par la force la burqa aux femmes mais il faut combattre également avec la même vigueur ceux qui veulent interdire aux femmes qui en leur âme et conscience souhaitent porter la burqa en connaissance de cause. La réalité c’est que des femmes simplement voilées à la base, se voient interdire d’accès à notre chère égalité des chances et notre ascenseur social qui depuis bien longtemps est en panne d’idée et de volonté. Lorsque vous ne pouvez pas travailler, aller à l’école, vous impliquer dans la vie publique ou encore bénéficier des simples droits communs à chaque citoyen, il ne vous reste plus qu’à vous replier sur vous-même en tombant dans des extrêmes venant de tradition et coutumes bien lointaines.

La mécanique est bien rodée médiatiquement on crée le débat au tour de minorité infinitésimale et on met en avant des arabes de services et des musulmans de circonstances face à ceux que l’on souhaite stigmatiser et liquider de l’espace publique. L’objectif est de mettre sur pied une arène pour qu’ils s’entredéchirent et ainsi accentuer la fracture dans la communauté entre les pratiquants et les non pratiquants. A quoi vont-ils s’attaquer après l’interdiction du voile traditionnel qu’ils ont entériné ? Pour la burqa c’est bien parti pour l’interdire ! Et pourquoi pas tant que on y est car en France il faut le reconnaitre on est les champions des lois pour chaque circonstance ou faits divers; la longueur de la barbe des hommes musulmans, les djellabas, les anglaises des hommes juifs, le turban des sikhs… pourraient être interdit dans l’espace publique ?

Nos intellectuels et illustres politiciens faussaire de la laïcité s’indignent lorsqu’ils regardent la police des mœurs en Iran faire régner le respect des codes vestimentaires et la bonne tenue dans les espaces publiques. Que comptent-ils faire dans le cas de la burqa? Va-t-on créer la police des mœurs républicaines et laïques en emprisonnant les femmes qui refusent d’enlever la burqa ?, va-t-on créer des amendes pour tenue non conforme à notre Marianne?, supprimer les allocations familiales pour mère rebelle au principe de la tenue républicaine? Il est temps d’arrêter surtout les fondamentalistes intégristes partisans d’une définition de la laïcité univoque et sectaire qui exclue tout droit à la différence.

Cette énième agression et humiliation ne fait qu’en réalité exacerber les musulmans vivant en France mais également à l’étranger. Ces attaques à répétitions ne fait que dégoûter, au sein de la masse musulmane française, de la notion même de laïcité. Ce n’est pas dans le tout répressif que nous allons faire évoluer les mentalités de part et d’autre, mais bien dans le dialogue et le respect mutuel de la différence. En réalité la société française ne s’alimente sur certains sujets qu’à travers la grille de lecture de certain bien penseur qui eux portent pour l’occasion la burqa de l’ignorance et de l’intolérance au nom d’une certaine vision de la république et de la laïcité qu’ils souhaitent imposer à tout le monde. Il est urgent que nos hommes et femmes politiques et intellectuels sortent de l’hexagone pour sentir le droit à la liberté et à la différence dans des pays qui n’ont absolument rien à envier à notre système de démocratie et de liberté qui pratiquent une laïcité ouverte et respectueuse de l’essence même de la singularité.

Quand va t-on cesser de considérer les femmes musulmanes comme des attardées mentales ou soumisses pour la seule raison qu’elles ont décidé de porter le voile ou la burqa… en quoi ces femmes qui ne demandent rien à personne sont-elles nuisibles pour les valeurs de la République. Il est une constance en France dans cette république prix en otage par des fondamentalistes laïques qui trouvent régulièrement des boucs émissaires pour soit cacher une misère qui ne savent pas gérer, soit faire diversion pour attirer les projecteurs et les regards à des fins politiques. Notre heureux élu est un communiste qui s'est nourrit d’islamité lorsque ces derniers comptés en terme de bulletin. Pour se faire entendre et s’annoncer dans ses futures ambitions politiques de premier secrétaire national du parti communiste et mieux si affinité, rien de mieux que de s’attaquer encore une fois aux musulmans. Comme il est si bien écrit dans l’article « la burqa. Et burqa pas ? » Paru sur le site Al Kanz qui nous fait un rappel tellement juste : "Voilà donc qu’un maire communiste, André Gérin, surnommé à l’époque "l’imam rouge", car porté et maintenu à son poste de maire par le militantisme musulman lyonnais, veut libérer la France de l’obscurantisme à qui il doit beaucoup, sinon tout. Manger de la merguez à la fête de l’Huma ne nourrit plus son homme. Il faut bouffer du barbu et de la voilée. Sauf évidemment si “barbus” rime avec plus-value et “voilées” avec Champs-Elysées."

Notre pays manque cruellement de Respect et de Tolérance vis-à-vis de la différence d’autrui lorsque ce dernier n’appartient pas à la tradition judéo-chrétienne. En France on aime chanter à tue-tête, à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières, des mots qui résonnent purement en terme théorique et générique, tels que ; Liberté, Egalité, Fraternité comme devise d’une République qui se veut chantre de l’exemplarité universaliste dans son modèle de justice et de sensibilité humaniste. Malheureusement il est bien loin, le temps où des hommes comme Voltaire qui disait : « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire. »

Nous sommes aujourd’hui en France dans une forme de tolérance et de réprobation. On considère généralement qu'il n'y a pas de tolérance sans agression, c'est-à-dire qu'on ne peut être tolérant que face à ce qui nous dérange (c'est-à-dire ce avec quoi on n'est pas en accord) mais qu'on accepte par respect de l'individu (l'humanisme) ou pour la défense d'un idéal de liberté (le libéralisme). La tolérance par respect de l'individu pourrait se formuler comme:« Je ne suis pas d'accord avec toi, mais je te laisse faire par respect des différences. » Que se passe t-il en en France pour que l’inquisition au nom une laïcité univoque on souhaite rayer du paysage tout ce qui nous déplait aussi bien dans la forme que dans le fond. En panne de séduction et d’intégration voilà le vrai problème de notre république qui se fait siffler à la moindre occasion.

Il est une évidence que la France vie depuis une quinzaine d’année dans un ostracisme intellectuel du droit à la différence. La tolérance envers ce qui peut nous agresse visuellement, est un exercice à pratiquer sur soi-même. Albert Memmi disait ; « La tolérance est un exercice et une conquête sur soi. ». Et quand à Pauline Vaillancourt, elle affirme que « L'esprit de tolérance est l'art d'être heureux en compagnie des autres. » que dire face à de tels sagesses universalistes si ce n’est que nos politiciens manquent cruellement de sagesse et d’ouverture d’esprit.

John Locke disait: « cesser de combattre ce qu'on ne peut changer » en parlant de la tolérance. Il faut savoir que le changement ne peut venir que de l’intérieur et ne peut être imposé par la force ou la crainte. Ce débat peut être utile si et seulement si notre République a le courage de reconnaître ses échecs vis-à-vis de ces citoyens français qui ne font que vivre une mondialisation accélérée des importations et exportations des mœurs et des traditions différentes de celle qu’elle connaissait jusqu’là. La mode n’a pas de frontière et elle ne peut être du goût de tout le monde n’en déplaise à nos inquisiteurs de la liberté d’être et de paraître dans notre république.

Le respect suppose que l'on comprenne et partage les valeurs d'une personne qui agit sur nous. Par le respect, nous jugeons favorablement quelque chose ou quelqu'un ; en revanche, par la tolérance, nous essayons de supporter quelque chose ou quelqu'un indépendamment du jugement que nous lui portons : nous pouvons haïr ce que nous tolérons, accepter à contre cœur. La sensation de se sentir respectée ne peut que mener à notre épanouissement. Aujourd’hui à l’image de la main tendue de Barack Obama, de son discourt du Caire, de sa position sur le voile et sur l’Islam en général, la France doit s’interroger sur le sens de son devoir de pays promoteurs de la liberté et de la tolérance. Il est temps qu’elle respecte et aime ses enfants sans distinction de couleur, de race, de religion et d’apparence. Le respect s'adresse à des personnes physiques, or ces femmes sont des personnes physiques qui ont de ce fait droits à la liberté, à l’égalité et à la fraternité de la République.

R.A

mardi 2 juin 2009

Guantanamo camps de concentration des temps modernes ! Une Infamie à la face du Monde


L’histoire se répète quoique l’on dise, seuls les décors et les costumes changent. La barbarie humaine est intemporelle est sans frontière, elle se recycle sous des apparences et des formes qui ont su intégrer les circonstances de bonnes occasions. Localisée sur la base militaire navale américaine de Guantánamo à Cuba, la prison de Guantánamo est une prison militaire de haute sécurité. Elle détient surtout des personnes capturées principalement en Afghanistan, souvent suspectées d'être des terroristes ou des combattants talibans... A l'automne 2001, on comptait quelques 750 prisonniers originaires d'une vingtaine de pays différents. Des Goulags, des Camps de concentration, des Ghetto… et aujourd’hui Guantanamo l’apex d’une vengeance aveugle dépourvu de toute raison et de sensibilité humaine. Des centaines de personnes incarcérées, torturées et humiliées pour la simple et bonne raison de s’être retrouvé entre les mains de carnassiers qui se nourrissent du sang de ces hommes que l’on a vendu à l’administration Bush pour une poignée de dollars.

Aujourd’hui une tache d’ombre pour les consciences et les mémoires collectives, Guantanamo est devenu le visage d’un occident en pleine crise de confiance et de valeurs morales. Le chemin sera très long pour que nous autres occidentaux puissions gagner de nouveau la confiance des peuples qui ont longtemps cru que les fondements et les principes de justice étaient des valeurs sacrées chez nous. Comment parler de droit de l’Homme et de démocratie ?! Ces hommes à qui on a ôté les droits les plus élémentaires de la vie sans preuve ni possibilité de défense dans ce déchaînement de haine et de violence, qui au final aura largement dépassé la tragédie du 11 septembre. Depuis le 11 septembre jusqu'à nos jours et c’est loin d’être fini, combien de mort en Irak, en Afghanistan en Palestine …. Au nom de la pseudo lutte contre le terrorisme qui n’est rien d’autre qu’une stratégie de redécoupage géopolitique pour mieux mettre la main sur les richesses énergétiques dans cette partie du monde l’équilibre du monde est fragilisé.

L’arrivé d’Obama, homme de couleur perçu comme un messie pour blanchir et purifier un tableau bien sombre des conséquences catastrophiques de l’hégémonie américaine sur le Moyen-Orient et les pays Asiatiques est certes une lueur d’espoir d’une prise de conscience de ce grand continent et de sa politique désastreuse. Les hommes de Guantanamo sont pour la majorité acquittés après des années d’abominations. Une nation se définissant comme le chantre de la liberté et de la justice nous a fait la démonstration que l’humanisme et la justice ne sont que des habits de circonstance pour mieux duper les pays sous influences.

Le pire dans ce sacre de l’abomination humaine c’est l’attitude des pays européen mais surtout des pays musulmans qui ont peur d’accueillir des hommes réduits à des ombres sans formes, tellement les conditions de détention dépasse tout entendement. Ceux qui avaient un passeport européen, canadien… ont été traités avec plus d’égard alors que ceux qui avaient des passeports pakistanais, indiens, afghans, marocains, algériens … ont eux un traitement des pires que l’on puisse imaginer. Honte à tous les dirigeants qui se cachent derrière une machinerie administrative pour se faufiler et traîner des pieds pour accueillir ces hommes dont tout le monde sait que 99 % de ces détenus sont innocents. Chaque libération de détenu apporte son lot de témoignage de l’horreur qui est pratiqué dans ces lieux qui resteront à jamais gravé dans les consciences humaines.

Une nouvelle rhétorique pour d’anciens schémas répressifs ; La torture et les mauvais traitements existent depuis longtemps. Mais dans les pays où ces pratiques étaient déjà fréquentes avant 2001, les gouvernements en place se sont sentis encouragés par le nouveau climat de tolérance en la matière. Ainsi, des centaines, voire des milliers de personnes soupçonnées d’infractions terroristes ont été arrêtées en Tunisie ces cinq dernières années. Beaucoup ont été placés en détention au secret et ont été victimes de disparitions forcées, ainsi que de tortures et d’autres formes de mauvais traitements. Certaines ont été condamnées à de longues peines de prison, voire à la peine de mort, à l’issue de procès inéquitables. Dans le cadre de la campagne militaire du Pakistan contre Al Qaïda et les talibans, des milliers de Pakistanais et d’étrangers ont subi des arrestations arbitraires et des disparitions forcées. Les photographies de soldats américains humiliant et terrorisant des détenus à Abou Ghraïb ont choqué le monde entier lors de leur publication en 2004. Elles faisaient suite à de nombreuses tortures et de mauvais traitements pratiqués dans les centres de détention américains en Afghanistan, en Irak et à Guantanamo.

Le gouvernement américain autorise des techniques d'interrogatoire, notamment les positions douloureuses, l’isolement prolongé, la privation sensorielle et les simulacres de noyade, constitutives de tortures ou de mauvais traitements au regard du droit international. Le gouvernement américain a mis en place un programme de « restitutions » consistant à transférer les suspects de terrorisme d'un État vers un autre, y compris vers des pays où les personnes en question risquaient d'être torturées ou de subir des mauvais traitements, au mépris de toute procédure légale.

Voici une citation de Cindy Sheehan activiste Américaine qui dénonce Guantanamo et qui devrait nous faire réfléchir: “If dogs were treated like this in my country, there would be an uprising”, pour les novices en anglais cela signifie “si les chiens étaient traités de la sorte dans mon pays, il y aurait une insurrection”. La dignité humaine à bien moins de valeur que celle des animaux aux Etats Unis. Imaginer, qu’un tel centre et de tels agissements étaient pratiqués sur des occidentaux, à une telle échelle dans un pays du Moyen Orient, le monde entier s’unirait pour éradiquer le régime en place et trainer en justice les responsables de ces exactions. Mais là ce sont les Etats-Unis, qui, dans toute sa grandeur et sa volupté qui nous fait une leçon d’humanisme en nous vendant une fois de plus les valeurs d’une grande démocratie, de pays des droits de l’Homme et de la liberté...

Il y a une infamie et une honte qui restera à jamais associé à l’occident pour ces crimes contre la dignité humaine et l’espèce humaine lorsque l’on parlera de Guantanamo, d’Abou Ghraïb et des camps de détention secrète en Europe… . Tel le nazisme, le communisme stalinien, le fascisme et l’infamie sioniste de Tsahal … l’occident dans sa complicité avec les Etats Unis dans une poésie puérile, nous annonce paix et bonheur si nous adoptons leur valeur et leur sens de la justice.

Les dirigeants musulmans, pour la majorité d’entre eux, se sont comportés comme de véritables lâches lorsqu’ils n’ont pas participé directement à ces rafles organisées par les Etats Unis. Les dictateurs des pays musulmans ont offert ces prisonniers musulmans tels des offrandes à leur divinité incarnée par les Etats Unis. Il est évident qu’aucun dirigeant des pays musulmans ne peut se permettre de dénoncer les exactions et les tortures commis à Guantanamo, car ces dirigeants corrompus le pratiquent eux même la torture sur leur propre population. De la Turquie en passant par la Tunisie, du Pakistan au Moyen Orient la torture est une pratique courante qui permet de terroriser les populations civiles contre tout soulèvement ou critiques des régimes en place, soutenus par les Etats Unis et l’Europe.

La justice est un droit inaliénable que chaque être humain à le droit quel que soit le crime commis, il faut que chacun puisse être jugé et qu’il puisse bénéficier des conventions internationales sur les conditions et les traitements en détention. Il est temps que les musulmans et les dirigeants courageux, si il en existe encore, de demander réparation et excuse publique de la part de l’administration américaine. L’administration américaine doit répondre de ces crimes devant le conseil des Nations Unis pour leurs crimes commis contre ces innocents, pour les vies détruites et pour les profanations du Coran par les gardiens de Guantanamo…

Que faut il de plus, pour que les musulmans comprennent que notre salut passe par notre union au-delà des querelles de récréation nationaliste qui gangrènent nos esprits et nos coeurs. Seul une Ummah forte et unie pourra préserver la dignité et l’honneur des musulmans à travers un Khilafa représentatif des nations musulmanes. Pour cela il nous faut une éducation aussi bien spirituelle que profane solide de chaque musulman. Il faut que dans chaque pays musulmans des associations se créent pour promouvoir cette idée de fédération musulmane qui aura pour but de créer une économie, une monnaie unique, une défense commune. Quelque soit la violence et les dictatures, que nous musulmans, subissons dans nos pays d’origines les régimes en place ne peuvent absolument rien contre l’opinion du peuple si cette dernière est organisé et structuré. La voie du sacrifice est le prix à payer pour la liberté et la justice. Avec l’arrivé de l’été, chaque musulman qui rentre au pays, doit profiter de ses vacances pour sensibiliser les familles et les amies sur l’importance de la Ummah et de la nécessité du Khalifa qui permettra le respect mutuel des peuples dans un esprit de paix, de tolérance et de justice.

R.A

lundi 11 mai 2009

Le model Islamique à l’épreuve du Capitalisme ?


En pleine crise financière puis économique aujourd’hui, les états n’ont cessé de prendre des mesures coercitives afin de remettre sur pied le système capitaliste qui a fait preuve d’une fébrilité sans commune mesure. Cette crise, qui a été certes non prévisible dans son avènement, était inéluctable dans sa réalisation temporelle. Devant la puissance du système économique dominant, une critique simpliste du capitalisme qui s’attacherait uniquement à ridiculiser ses conséquences tragiques et fatales, sans remettre en cause et récuser sa logique propre - la réification - ne pourra ébranler au cœur du monde contemporain les contradictions qui les animent. C’est l’être du capitalisme qu’il faut critiquer et non son paraître. L’homogénéisation de l’ensemble des sociétés en proies au capitalisme ou en devenir n’a aujourd’hui d’autre modèle économique viable pour prétendre à une alternative tangible. Le capitalisme tel que nous le connaissons est un opium déguisé en apparat de musc. Réifier l’ensemble des sociétés est la finalité suprême du capitalisme avec bien sûr au passage les inégalités sociales, la misère, l’exploitation ou les guerres impérialistes. L’aveuglement est tel que les esprits critiques de tous bord ont du mal à convaincre ou à concevoir autre chose que le capitalisme.

Le modèle Islamique est-il une alternative au modèle capitaliste ou n’est-elle qu’une composante de son paraître grâce à un mécanisme revu et corrigé d’un marketing occidental islamisé pour l’occasion ? On est en train de nous faire passer la pilule en jouant sur un vocabulaire propre à l’Islam pour nous vendre ce que notre cœur et notre raison ont refusé au nom d’une éthique musulmane qui prône le bien être collectif avant le bien être individualiste et égoïste. Les pays musulmans les plus élaborés ressemblent de près aux pays occidentaux si ce n’est que dans la forme que l’on constate des marqueurs identitaires. Des questions de fond restent sans réponse, les musulmans d’aujourd’hui se doivent de proposer un modèle de société unique qui doit prendre en compte l’esprit de la Charia qui n’est rien d’autre que la traduction du dessein d’Allah pour l’humanité afin que la justice, l’égalité et le partage soit la trame de fond.

Le modèle islamique à pour devoir de s’ériger contre le capitalisme qui ne fait que soumettre les hommes à l’argent et au profit qui est sa finalité propre. Le but de l’islam et de son modèle est la soumission réfléchie par amour à Allah sans contrainte. Le but de l’Islam est de mettre la science et le progrès au service de l’Homme qui lui-même est au service d’Allah, et non pas l’inverse. La résistance Islamique ne peut s’organiser que dans la promotion de la diversité des peuples, des cultures, des spiritualités et des civilisations face à la globalisation du capitalisme et à son caractère uniformisant et surtout déshumanisant.

Les particularités culturelles, les spécificités spirituelles, individuelles et naturelles sont aussi des armes de résistance face au capitalisme uniformisateur. Face à cette uniformisation, ceux qui s’opposent au capitalisme doivent prendre conscience que chaque peuple, chaque langue, chaque ethnie, chaque individu, chaque spiritualité, chaque particularité est un reflet de la diversité du monde non-marchand. L’anti-capitalisme en soit ne peut vaincre sans une spiritualité dynamique ayant pour source le Coran et la Sunna du Prophète (SAV). Les musulmans doivent tendre à défendre, tous les particularismes car elles sont susceptibles de former un substratum pour une libération sociale et culturelle. Il y a plusieurs niveaux de résistance à mettre en place ; spirituelle et culturelle. La critique en soi ne suffit pas, il faut être en mesure de proposer des alternatives tangible et viable. Une résistance effective au capitalisme doit nécessairement inclure l’opposition à la diffusion de la culture du capitalisme et à l’occidentalisation du monde qu’elle engendre.

Un exemple frappant du détournement des valeurs islamiques et de sa spécificité dans ce monde capitaliste qui n’a de foi que dans l’argent se vérifie dans les grandes surfaces. Ces temples dédiés à la consommation que sont les grandes surfaces possèdent aujourd’hui un rayon « halal » pour attirer le consommateur musulman. Le mois de ramadan, est l’occasion pour ces sanctuaires du marché d’organiser des semaines « spéciales », alliant un folklore orientaliste à une « islamité » consumériste et superficielle, permettant de dégager des profits subsidiaires. Tout devient prétexte à un démarchage « islamique ». Le plus grave dans tout çà c’est l’absence totale du message spirituel qui doit accompagner l’action dans sa finalité chez le musulman.

La commercialisation des croyances et des religions ne sont pas épargnées dans les tourments du capitalisme. L’Islam est intégré par la civilisation capitaliste dans sa logique marchande, l’Islam est utilisé pour créer de nouveaux marchés et attirer une nouvelle clientèle puisqu’il est dans la logique du capital de générer sans cesse de nouveaux « besoins ». Cette utilisation de l’Islam comme un « argument publicitaire » permettant de promouvoir un produit et de lui donner une plus value, pose le problème de la réification, telle que le philosophe hongrois Georg Lukacs l’a expliqué dans Histoire et conscience de classe, c’est-à-dire la transformation, par le capitalisme, de tous les rapports sociaux et de toutes les formes culturelles en choses et en rapports « chosifiés » ce que Karl Marx appelait le « fétichisme inhérent au monde marchand ».

Il faut attirer l’attention sur les enjeux réels et les dangers du capitalisme qui transforme la nature des choses en marchandise consommable à outrance tel que : les Hommes, et les rapports entre les Hommes, les cultures, les spiritualités. Pour Georg Lukacs, toutes les relations et toutes les pensées dans la civilisation capitaliste deviennent inéluctablement des rapports marchands. Par ces rapports marchands, les Hommes, les cultures et les spiritualités, dans notre cas l’Islam, sont intégrés à la dynamique du capitalisme. Les Hommes, les cultures et les spiritualités sont asservies à l’idéologie de la marchandise et c’est pourquoi il devient facile de convaincre les individus de consommer.

Une révolution est d'abord, pour une société, ce qu'est une conversion pour l'individu : changer le but et le sens de la vie (R.Garaudy). Cette épreuve de force se traduira tôt ou tard par l’émergence d’un modèle économique qui sera le juste milieu que prône l’Islam. On pourrait traduire cela comme une synthèse entre le capitalisme sans excès et le communisme sans la rigueur économique et le dirigisme politique empreint d’immobilisme et d’impuissance. Comme le dit si bien Allah dans le Coran "Allah ne change l'état d'un peuple que s'ils changent ce qu'il y a en eux-mêmes." (Verset 13 :11).

Les musulmans ne doivent surtout pas chercher à Islamisé le modèle capitaliste ou le modèle communiste mais travailler pour mettre en exergue le model islamique qui propose une véritable éthique basé sur la conscience de l’homme devant sa responsabilité en qualité de gérant comptable devant Allah.

R.A

jeudi 23 avril 2009

Peut on critiquer l’Etat d’Israël ou son gouvernement en Occident ?


Les récentes déclarations à la Conférence sur le racisme à Genève (Durban II) du président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui a qualifié le gouvernement israélien de « gouvernement raciste », ont déclenché une rafale de critique et de protestation prévisible de la part de nos pays occidentaux. Qu’a t- il dit dans sa déclaration si l’on en croit la traduction qui nous est faite : «Après la fin de la Seconde guerre mondiale, ils (les Alliés) ont eu recours à l’agression militaire pour priver de terres une nation entière sous le prétexte de la souffrance juive, a expliqué le président iranien. Ils ont envoyé des migrants d’Europe, des Etats-Unis et du monde de l’Holocauste pour établir un gouvernement raciste en Palestine occupée». Ces déclarations ont provoqué le départ de plusieurs représentants de l’Union européenne. La question qui nous vient instinctivement en tête est : peut on et a-t-on le droit de critiquer le gouvernement Israélien et les orientations de ce pays ? Faut il être d’origine juive pour avoir le droit de critiquer Israël ? Ici se pose une question fondamentale de la liberté d’expression qui elle aussi est autorisée à géométrie variable.

Il est évident que cette interrogation légitime relève en Europe des soupçons d’antisémitisme pour celui qui à le courage de la poser. Ne serait il pas temps que les européens prennent conscience que ce protectionnisme artificiel du débat, orchestré et voulu par connivence avec le gouvernement d’Israël, par des pressions médiatiques qui permettent d’entretenir une ambiance de culpabilité et de risque de bannissement médiatique, pour celui qui ose publiquement dire ce que la majorité pense tout bas est un problème majeur. Cette attitude de l’Europe et de l’occident en général ne fait qu’attiser une frustration d’injustice et de complaisance inconvenant quelque soit les déclarations haineuses des dirigeants israéliens de Sharon à Nétanyahou en passant par Lieberman. Des actes condamnés par la communauté internationale concernant les actes de terrorismes d’états, de nettoyage et de liquidation sans scrupule en employant des armes non conventionnelles face à des populations civiles restent dans une impunité totale. Pourquoi est il si facile de lancer un mandat d’arrêt international contre des dirigeants africains? alors que des bourreaux en activité dans les gouvernements successifs en Israël agissent avec impunité qui est totale.

L’apathie de nos pays occidentaux, face à la misère et la ségrégation sociale, politique et économique, incite et contribue au creusé des fossés entre les êtres appartenant à des cultures et des confessions différentes. La lutte contre le racisme et toute forme de xénophobie passe avant tout par la lutte contre les injustices et les inégalités dans le monde avec la même détermination quelque soit le degré d’intérêt stratégique, géopolitique et économique. Malheureusement, la mise en oeuvre de la politique du deux poids deux mesures dans les actes sur la scène internationale est totalement absconse et révoltant. Les arcanes de l’absurdité de la politique de nos pays occidentaux face au pire agissement de l’état d’Israël lors de l’opération « plomb durci » pour ne citer que celui-là, où l’on a pu constater des massacres, des comportements inadmissibles et inacceptables, rappelant les heures sombres de certains régimes en Europe, ne peuvent qu’aggraver la foi en la justice et à la partialité.

L’anémie de l’esprit critique des intellectuels européens à l’égard du gouvernement en place dans cet état qui se flatte d’être la seule « démocratie » de la région tout en spoliant, massacrant, torturant, affamant et assouvissant des millions d’hommes, de femmes et d’enfants dans des prisons à ciel ouvert, en dit long sur la prostitution des esprits amadoués en occident. Rares sont ceux qui s’aventurent à critiquer ouvertement ce gouvernement sioniste de manière frontale et direct sans que leur trajectoire carriériste soit mise à mal par les complaisances de connivence circonstancielle exercée par les médias et les institutions en tout genre.

La résistance s’organise s’intensifie pour dénoncer l’inqualifiable face aux atrocités récentes commise sur la population civile de Gaza. Les langues commencent à ce dénouer, les esprits se libèrent des carcans de l’histoire et la raison critique à trouver le chemin du discernement. Combien de 11 septembre représente le nombre de mort palestinien depuis l’imposition et la création de cet état israélien, qui n’a su trouver ni faire sa place dans une région qui ne peut accepter l’ethnocentrisme et l’apartheid. Les politiques israéliennes successives à quelques rares exceptions ne veulent pas la paix et ne la souhaitent pas, car elles vont à l’encontre de leur intérêt expansionniste et colonialiste.

Alors que certains intellectuels juifs dont il faut saluer le courage comme Shlomo Sand, Igal Sarna et Norman Finkelstein pour ne citer qu’eux prouvent qu’il y a une véritable prise de conscience avec une lucidité sur les intérêts du peuple juif pris en otage par des gouvernements successives ayant pour seule ligne directrice l’idéologie sioniste plutôt que les valeurs du Judaïsme qui pourraient s’inscrire dans un état neutre de type républicain. Malheureusement nos intellectuels en Europe sont encore dans un état d’asthénie accrue et de tétanisation chronique lorsqu’il faut dénoncer les injustices flagrantes de la répression disproportionnée d’une armée entretenue et soutenue aussi bien par l’occident que certains régimes arabes corrompus jusqu ‘à l’épiderme.

La position quasi-innée de la plus part de nos hommes politiques, artistes et intellectuels en France et en Europe sans parler des Etats-Unis, prouve combien le conditionnement psychique et moral est bien entretenu par l’éducation officielle au service d’une idéologie abjecte. Le devoir de l’Europe c’est de lutter contre l’oublie et la tragédie de l’holocauste et non pas de tomber dans la servitude d’une idéologie telle que « le sionisme » qui est en déphase total avec l’intérêt du peuple juif.

Hypnotisé par le poids de l’histoire et du sentiment de culpabilité collective, l’instinct grégaire de nos soit disant éclairés hommes de lettre et d’art, qui ont il faut le reconnaître, l’art et la manière de donner des leçons d’humanisme et de droits de l’Homme au reste du monde. Le nombrilisme et l’orgueil sont les deux réels problèmes dans la politique étrangère de l’occident. Une lueur d’espoir naîtra dans le changement d’attitude face à la réalité devenue insupportable aussi bien pour le cœur que pour la raison. Seuls ceux qui ont la précellence d’un esprit libre nourri par une spiritualité profondément critique et altruiste sont honorés par la vie dans ce combat face à l’injustice commis au su et au vu de tous par le gouvernement Israélien. Rendre service au peuple juif ce n’est pas avoir une attitude, un amour effréné et aveugle en sacralisant la politique des gouvernements mais c’est dire la vérité en phase sans détour avec des condamnations fermes sans incartade lorsque les actes trahissent les valeurs universelles élémentaires.

Il faut arrêter de jouer la comédie en acceptant le choix des urnes de certains et en refusant celles des autres. Comment se fait t-il que l'extrémiste et provocateur chef d'Israël Beitenou qui est le ministre des Affaires étrangères de Benyamin Nétanyahou dont on connaît les positions racistes et fascistes sont acceptées et reçues avec les honneurs dans nos pays occidentaux alors que dans le même temps le Hamas (que l’on soit pour ou contre) élu démocratiquement avec l’approbation de la communauté internationale sur le déroulement des élections exemplaires, se voit mise au ban par un boycotte politique et économique ? Est ce qu’il n’y a que ceux qui défendent les valeurs occidentales qui ont le droit aux mots : « résistance et liberté » ? Tous les autres seraient des terroristes ? Quel peuple peut accepter les humiliations que subissent les palestiniens depuis un demi siècle ?

Le Professeur d’histoire de l’université de Tel Aviv, Shlomo Sand auteur du livre "Comment le peuple juif fut inventé" qui remet en cause la politique identitaire de son pays, et démontre comment celui-ci fut inventé sous la plume d’historiens juifs du XIXe siècle. Ce livre devenu un best-seller et qui donna lieu à des débats orageux en Israël mais qui est resté très timide en France et Europe, grâce à nos hardis hommes médiatiques qui ont passé sous silence cette réalité...

Le professeur Shlomo nous dit ceci : « Cette conception historique constitue la base de la politique identitaire de l’Etat d’Israël, et c’est bien là que le bât blesse ! Elle donne en effet lieu à une définition essentialiste et ethnocentriste du judaïsme, alimentant une ségrégation qui maintient à l’écart les Juifs des non-Juifs — Arabes comme immigrants russes ou travailleurs immigrés. Israël, soixante ans après sa fondation, refuse de se concevoir comme une république existant pour ses citoyens. Près d’un quart d’entre eux ne sont pas considérés comme des Juifs et, selon l’esprit de ses lois, cet Etat n’est pas le leur. En revanche, Israël se présente toujours comme l’Etat des Juifs du monde entier, même s’il ne s’agit plus de réfugiés persécutés, mais de citoyens de plein droit vivant en pleine égalité dans les pays où ils résident. Autrement dit, une ethnocratie sans frontières justifie la sévère discrimination qu’elle pratique à l’encontre d’une partie de ses citoyens en invoquant le mythe de la nation éternelle, reconstituée pour se rassembler sur la « terre de ses ancêtres ». Ecrire une histoire juive nouvelle, par-delà le prisme sioniste, n’est donc pas chose aisée. La lumière qui s’y brise se transforme en couleurs ethnocentristes appuyées. Or les Juifs ont toujours formé des communautés religieuses constituées, le plus souvent par conversion, dans diverses régions du monde : elles ne représentent donc pas un « ethnos » porteur d’une même origine unique et qui se serait déplacé au fil d’une errance de vingt siècles. »

Un autre écrivain de renom Igal Sarna ne pense pas autrement quand il écrit: «Il ne se passe pratiquement pas de semaine sans que les déclarations tonitruantes de responsables de droite sèment chez vous le trouble et l’inquiétude (...). Après que le problème palestinien aura été résolu de la meilleure façon possible, grâce à nos hélicoptères Apache, nos liquidations, nos retraits unilatéraux, notre muraille [le mur de séparation], notre clôture et nos raids préventifs, il nous restera encore à résoudre le problème d’entre les problèmes: votre problème, celui de ce million et demi de citoyens israéliens musulmans et chrétiens qui vivent parmi nous. Vous restez une cinquième colonne, un cancer, un cheval de Troie (...) Vous qui, malgré tout cela, vous vous accrochez ici …»

John Mearsheimer de l’université de Chicago et Stephen Walt de Harvard dans un livre remarquable «Le lobby israélien et la politique étrangère américaine», ont décrit l’influence du lobby sioniste aux Etats-Unis. Ce livre relance la question du rôle des Etats-Unis au Moyen-Orient. Les auteurs estiment que le soutien à Israël n’est pas basé sur des raisons stratégiques ou morales, mais s’explique par la pression des lobbys sionistes. Cela a pour conséquence, selon MM.Mearsheimer et Walt, une politique américaine déséquilibrée au Moyen-Orient qui a conduit à la décision d’envahir l’Irak et de menacer l’Iran et la Syrie, au prix d’une sécurité fragilisée pour le monde occidental. «Israël n’a pas le poids stratégique que les Etats-Unis mettent en avant. Selon les deux professeurs, «soutenir le traitement infligé aux Palestiniens par les Israéliens a renforcé l’anti-américanisme dans le monde et a presque certainement aidé les terroristes à recruter de nouveaux volontaires». Mearsheimer et Walt soulignent l’aide militaire et économique de trois milliards de dollars reçus chaque année par Israël - soit plus que tout autre pays. Ils notent aussi le soutien diplomatique apporté par Washington: entre 1972 et 2006, les Etats-Unis ont mis leur veto à 42 résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU qui critiquaient la politique d’Israël. La réaction à l’étude de l’université de Harvard s’est manifestée par la colère du Lobby et de ses partisans - et la rétrogradation de Walt, qui, comme cela a été annoncé peu de temps après la publication de l’article, sera viré de son poste de doyen (universitaire) de la John F.Kennedy School of Government. Jeudi 30 août 2007.

Comme l’écrit si bien le professeur Norman Finkelstein, dont les parents sont morts à Auschwitz : « Israël sera toujours en danger de paix à force de regarder vers l’ouest, car il s’est coupé de ses voisins immédiats. Il est impossible qu’il ait un avenir au milieu de 300 millions d’Arabes quand bien même il arriverait par son potentiel nucléaire à carboniser la moitié, il en restera la moitié. Les Etats-Unis se lasseront un jour de ce parti pris en leur faveur. Le temps joue en défaveur des Israéliens qui tiennent, en plein vingtième siècle, à avoir un Etat juif pur par pur racisme. De plus, Israël ne pourra pas continuer longtemps à défier la communauté internationale. Les derniers carnages de Ghaza, la punition des Libanais, commencent à fissurer le fonds de commerce constitué par l’industrie de l’holocauste. »

Dans l’espoir que les esprits libres puissent s’exprimer sans retenue et sans contrainte, la contribution et l’implication de tous est nécessaire plus que jamais, afin d’avancer vers une justice qui se fait attendre depuis bien longtemps en Palestine. Critiquer le gouvernement Israélien avec force, lorsque c’est justifié, c’est venir en aide au peuple juif afin de les prévenir d’un avenir sombre planifier par une idéologie sioniste qui les mène tout droit à une catastrophe qui risque d’être irréparable non seulement pour les juifs mais pour le reste du monde.

R.A

vendredi 10 avril 2009

Les Musulmans au Cœur de l’Europe


Aujourd’hui les musulmans installés et vivant en Europe sont devant un fait accompli qui s’inscrit dans l’histoire de cette formidable entité où l’espace de liberté d’expression et d’échange nous permet de mesurer pleinement ce dont nos frères et sœurs sont privés dans les pays réciproques de nos parents.

Certes l’Europe de par son histoire et de sa réalité au regard de la matrice des valeurs islamiques est en déphasage avec certaines de nos convictions. Mais je pense qu’il ne faut pas s’arrêter là et qu’il y a tellement de choses positives à prendre et à donner que le champs d’ouverture qui s’offre à nous est une opportunité formidable pour les musulmans qui souhaitent devenir acteur et contribuer à sa réalisation tant d’un point de vue institutionnel que culturel. Ce qui est important pour les étudiants musulmans vivants en Europe, est de faire sienne les enjeux européens de demain. Il y a une réalité implacable, si nos parents étaient venus en Europe pour un temps, nous avons la conviction que pour les générations à venir, cette idée n’effleurera même pas l’esprit, si ce n’est pour des voyages exotiques et occasionnels.


Nous avons, en tant que citoyen européen musulman tant de valeurs et d’atouts à faire partager avec ceux qui, aujourd’hui, nous méconnaissent et craignent notre présence en nous considérant comme les parangons du mal. Cette Europe en perpétuelle construction est un chantier que nous n’avons pas le droit de laisser uniquement aux autres en nous réfugiant derrière des rhétoriques bien huilées qui soit disant s’appuieraient sur l’Islam afin de nous déconnecter des enjeux politiques et économiques. Il faut mesurer l’importance des enjeux de demain pour les générations musulmanes à venir sur les nécessités ; d’enseignement, d’épanouissement social et professionnel dans le respect de l’éthique Islamique qui est notre marqueur identitaire indélébile. L’Europe est aujourd’hui une terre d’immigration pour beaucoup de musulman comme l’ont été les contrées qui aujourd’hui sont majoritairement musulmanes. Nous avons une occasion en or de faire connaître l’Islam à l’Europe dans une aire de paix et d’échange.


L’histoire appartient à ceux qui la façonnent à leur image, l’avenir quant à lui se construit grâce à ceux qui ont saisi les enjeux d’une anticipation réfléchie et calculée. Il y a des valeurs universelles que les musulmans peuvent, de part leur conviction, contribuer au développement de la paix dans le monde en créant des ponts, des espaces de dialogues et d’échanges.


Aujourd’hui, être européen n’est pas du tout incompatible avec nos convictions religieuses car l’Europe n’est rien d’autre qu’un espace d’échange de biens et de valeurs. On nous enseigne les principes selon lesquels l’Islam serait universel de part la quintessence de son message alors sachez que si l’Europe est habillé par des valeurs judéo-chrétienne, elle se doit de prendre en compte une réalité ignorée de l’apport de l’Islam dans sa contribution à l’émergence de sa renaissance. Les musulmans n’ont jamais été absent de près ou de loin dans la construction de l’Europe.


En tant que musulmans, nous sommes des amoureux de la justice, de la solidarité de l’égalité des droits et des devoirs dans la gestion des affaires profanes. Si nos ancêtres n’avaient pas le souci de propager les valeurs universelles que proclame l’Islam il n’y aurait pas autant de pays musulmans actuellement. Si nos parents sont arrivés en tant que nomades, leurs enfants sont aujourd’hui des vrais autochtones que nul n’a droit de contester, de même que leur légitimité présente.
Construire son identité en tant que musulman européen dans une spiritualité vivante puisant sa force et son dynamisme aux sources de l’Islam et en se joignant aux autres pour défendre les valeurs universelles, c’est le propre de notre devoir dans cet espace européen qui a, plus que jamais, besoin de connaitre et de comprendre le message de l’Islam.


Certes, l’Europe n’est pas un modèle parfait. Effectivement, nous trouvons beaucoup de défaillance et de contradiction lorsque notre analyse se fait à travers une grille de lecture Islamique. Mais il ne faut pas s’arrêter là. Nous devons avoir le courage de pousser les limites de notre capacité de discernement en s’intéressant à ce que l’Europe a fait émerger de meilleur, en terme de progrès dans les domaines tels que ; droits sociaux, découvertes technologiques… grâce à sa longue histoire et à sa diversité culturelle qui en fait son originalité attractive.


Le devoir de chaque étudiant est d’approfondir ses connaissances sur l’Islam dans une spiritualité authentique afin de devenir les piliers de l’Europe de demain et de participer à la construction de cette dernière grâce à la spécificité de notre richesse culturelle et de notre sensibilité Islamique. Construire et contribuer au destin de l’Europe, c’est permettre aux musulmans du monde entier de bénéficier des valeurs fondamentales telles que la liberté d’expression, la justice… bref, c’est contribuer à l’édification et à la consolidation de la Ummah à long terme. L’exemple de l’Europe peut être un modèle d’inspiration pour la création d’une fédération des états musulmans comme une étape préliminaire d’un retour à l’unité des musulmans dans le monde. Car il ne faut pas se voiler la face, l’élite musulmane de demain est sur un terreau beaucoup plus fertile en Europe que dans les pays musulmans, où le règne des dictateurs et des despotes est malheureusement toujours d’actualité.


Chaque parent se doit de sensibiliser ses enfants sur les enjeux à venir pour les musulmans dans la protection de leur liberté et de leur droit, mais également de leur devoir en tant que citoyen défenseur des valeurs universelles dans cet espace européen. Il est important que les musulmans comprennent qu’il vaut mieux être acteur plutôt que spectateur, subissant les politiques votés à notre insu et allant à contre sens de nos convictions. Le musulman doit être à l’image de l’urbaniste qui pense et conçoit l’harmonisation de l’espace et la fonctionnalité des différents éléments constituants cet environnement en chantier. Notre implication et notre familiarisation avec les institutions européennes feront de nous, Inchallah, des acteurs incontournables.

R.A